Grand-Bassam, le 25 février 2025 – Procédant à l’ouverture de la 15e édition du Forum de la Rentrée Syndicale de la Confédération syndicale internationale (CSI)-Afrique, ce mardi 25 février 2025 à Grand-Bassam, le Premier Ministre, Ministre des Sports et du Cadre de Vie, Robert Beugré Mambé, a encouragé́ les syndicalistes à maintenir l’esprit de dialogue social pour les revendications syndicales.
« Les chemins qui visent à construire l'avenir par la recherche de la compréhension peuvent apparaître souvent longs et difficiles. C'est ça, la trêve sociale. Les chemins sont longs et difficiles mais ils conduisent bien souvent plus vite aux résultats espérés que les chemins de l'extrême. Les chemins de l'extrême sont certes utilisés souvent pour les combats mais les résultats sont quelquefois incertains et difficiles à atteindre. Par contre, le dialogue est long mais produit toujours des résultats probants », a dit le Premier Ministre.
Le Chef du gouvernement a, par ailleurs, salué l’adhésion des travailleurs dans cette démarche constructive. « Je félicite encore nos amis et partenaires des centrales syndicales en Côte d'Ivoire qui nous font le témoignage de leur appropriation de ce que nous pouvons appeler le syndicalisme responsable, c'est-à-dire un syndicalisme intelligent qui mesure la portée des données économiques et des données sociales pour trouver le juste milieu. Tel est le combat, le combat du juste milieu mais qui préserve l'essentiel, c'est-à-dire le progrès social et économique ».
Pour le Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale, Adama Kamara, ce forum est une opportunité unique « pour le renforcement de la solidarité syndicale, des échanges sur les défis du monde du travail et de la formulation de nouvelles recommandations en faveur d'une Afrique plus unie, soudée, solidaire et émergente ».
Il a également relevé quelques avancées notables en ce qui concerne le travail décent et les salaires équitables. Il s'agit, entre autres, de la revalorisation régulière du SMIG qui est passé de 36 000 FCFA à 60 000 FCFA, puis à 75 000 FCFA en 2023, de la revalorisation des minimas catégoriels, de la revalorisation et l'institution de diverses indemnités pour les fonctionnaires et agents de l'État, le renforcement des mécanismes d'inspection du travail afin de garantir le respect des droits sociaux et de prévenir tout abus, l'instauration d'instruments de protection sociale adaptés, l'adoption de décrets relatifs à la régulation de la durée du travail, au renforcement du rôle des représentants des travailleurs et à la protection des salariés dans les entreprises.
En outre, a ajouté Adama Kamara, le gouvernement a initié un projet de fixation de salaires adéquats, lancé en 2023 avec le soutien de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et des partenaires internationaux. Ce projet qui est actuellement en cours de mise en œuvre, vise à établir des salaires minimums vitaux basés sur des données socio-économiques, à promouvoir un dialogue social équilibré et à améliorer la productivité.
Parlant au nom de l’ensemble des syndicats, Mamadou Soro, vice-président de la CSI, a exprimé la gratitude de ses paires aux autorités pour les efforts consentis. « Par l'action du gouvernement, le dialogue social est en train de monter en puissance, pas dans le verbe, mais dans les actions. On a bien vu que nous avons été bénéficiaires d'un décret qui aura permis la création du comité sectoriel dans l'ensemble des 34 départements ministériels. Excellence Monsieur le Premier Ministre, nous voudrons que vous transmettiez à son Excellence, Monsieur le Président de la République, toute notre gratitude et notre infinie reconnaissance pour cette démarche courageuse qui implique que le gouvernement, qui est l'un des plus grands employeurs et les travailleurs que nous sommes, nous puissions être dans un dialogue social franc et constructif », s’est-il réjoui.
Ce forum qui a pour thème : " Employabilité, salaire vital, paix et transformation économique pour la justice sociale en Afrique ", se tient du 25 au 28 février 2025 à Grand-Bassam. Il a mobilisé des autorités administratives, des syndicats africains, européens et américains.