PROJET « LA ROUTE DE L'ESCLAVE » : LE VICE-PRESIDENT KABLAN DUNCAN PROCEDE AU LANCEMENT OFFICIEL A TIASSALE  ( 06-07-2017 ) 

Cabinet du Premier Ministre Le Vice-Président de la République, SEM Daniel Kablan Duncan, en compagnie de l'ex-Président béninois, Nicéphore Soglo a procédé le 06 juillet à Kanga-Nianzè, dans le département de Tiassalé, au dévoilement de la stèle marquant officiellement le lancement le projet « La Route de l'esclave ». Initiative du Ministère de la Culture et de la Francophonie et du Ministère du Tourisme, en partenariat avec l'UNESCO, le projet « La Route de l'esclave » est le rappel du passage de la traite négrière sur les côtes de vent atlantique, notamment à Cap-Lahou ou Lahou-Kpanda, appelé aujourd'hui Grand-Lahou entre le XVè et XIXè siècle.

Autrefois passage des esclaves avant leur embarcation à Lahou-Kpanda, le village Kanga-Gnianzé (Kanga, fils du village, signifie « esclave » et Nianzè, « rivière » en langue locale) était le village dont la rivière « Nianzè » servait de dernier bain purificatoire aux déportés.

Cette cérémonie de lancement a été enrichie par la présence de sommités politiques, culturelles, scientifiques et sportives venues d'Amérique, de France, d'Afrique et de Côte d'Ivoire. Entre autres, l'ex-footballeur international Lilian Thuram, d'origine caribéenne, par ailleurs patron de la Fondation « Education contre le racisme », le conservateur de la Maison des esclaves de Gorée au Sénégal, Eloi Coly, le Représentant régional UNESCO à Abuja au Nigéria, Ydo Yao.

Au nom du Président de la République, SEM. Kablan Duncan a rendu hommage à toutes les victimes de l'esclavage. « Ce projet vise à inscrire le devoir de mémoire sur la traite négrière et l'esclavage dans l'agenda mondial, tout en suscitant une appropriation par les Etats, les Gouvernements, les autorités politiques, administratives, coutumières et religieuses, de même que par les intellectuels et les universitaires », a-t-il expliqué.

A travers ce projet, a-t-il ajouté, « il s'agit de rétablir la vérité, réhabiliter notre patrimoine socio-culturel en lien avec la traite des esclaves pour en faire une force, et non plus un passé handicapant ».
De son côté, M. Nicéphore Soglo a souligné : « nos frères de la diaspora sont notre conscience et notre mémoire. C'est autour de ces vestiges comme le mémorial de Kanga-Nianzè que l'Afrique doit se rassembler pour faire son autopsie ».

Quant à Mme Henriette Dagri Diabaté, Grande Chancelière et historienne, elle a déclaré que « ce projet est le pont de jonction entre le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest ». Puis elle indiqué que « c'est de notre responsabilité, en tant qu'intellectuels, en tant que nations, de continuer le travail de nos devanciers ».
Pour sa part, le Ministre de la Culture et de la Francophonie, Maurice Bandaman a demandé « Pardon » aux enfants des victimes de l'esclavage, notamment « aux afro-américains et afro-caribéens » dont une forte délégation était présente à cette cérémonie.

S'il a soutenu que cet acte vise « un rapprochement des peuples et un dialogue interculturel », il a aussi plaidé afin qu'il soit institué une «Journée panafricaine des esclaves » en guise de repentance et de mémoire.
A son tour, le Ministre du Tourisme, Siandou Fofana, a déclaré que « la Route de l'Esclave » contribuera à l'essor touristique et à faire de la Côte d'Ivoire, un hub touristique culturel en Afrique de l'Ouest.
Au nom de l'UNESCO, M. Ydo Yao a réitéré l'engagement de son Organisation à soutenir cette initiative.

Adopté par une résolution sur le devoir de mémoire en lien avec l'esclavage et la traite négrière (Résolution 27/C/3.13) de l'UNESCO en la 26è session de sa Conférence générale en 1993, le projet « la Route de l'Esclave » ou « Route du Dialogue » a été lancé le 1er septembre 1994 à Ouidah au Bénin.

Il vise à briser le silence sur la tragédie de la traite négrière et de l'esclavage, mettre en lumière de manière objective ses conséquences sur les sociétés modernes, notamment les transformations globales et les interactions culturelles entre les peuples et contribuer à la culture de la paix et à la coexistence pacifique entre les peuples.

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